Il très bien admis de nos jours que l'on ne saurait concevoir une véritable démocratie sans une presse professionnelle, responsable, imposante et jouant effectivement son rôle de quatrième pouvoir. Quel a été son rôle dans l’affermissement de la démocratie au Bénin, au Sénégal et dau Ghana par exemple? Oui, la presse responsable assure l’information et l’éducation, et participe à l’éveil de la conscience civique du citoyen. Cette immense responsabilité qui incombe à la presse ne peut se mériter que si elle se légitime par le strict respect du code de déontologie et d’éthique de la presse, mais aussi des lois de la République. Malheureusement, force est de constater la recrudescence des violations du code et d’éthique dans les médias, et des lois par les journalistes, dans l’exercice de leur fonction. Juste parce que l'on veut à chaque parution servir du sensationnel au citoyen. 

En témoignent ces innombrables décisions ou auditions de la Haute Autorité de l’Audiovisuelle et de la Communication (HAAC), mais également les procès devant les tribunaux qui se soldent parfois par des sanctions. Les cas de peine d’emprisonnement avec sursis sont légion. Ce qui fait dire certains professionnels des médias que plusieurs des leurs sont aujourd'hui des ‘’prisonniers ambulants’’.  Mais quand on considère la nature des fautes et des infractions, on se rend compte qu’il n’était pas si difficile de les éviter. Mais hélas. Fallait-il de nos jours oeuvrer à la création d'une instance déontologique? Car le droit du public à une information de qualité, complète, libre, indépendante et pluraliste doit constituer un guide du journaliste dans l’exercice de sa mission. Et oui, c'est une immense responsabilité vis-à-vis du citoyen. 

En effet, ce sont des manquements consistant le plus souvent en injures, en outrages à personnalités, en atteintes aux bonnes mœurs, en publications interdites, et autres écrits ou émissions pouvant porter atteinte à la sécurité de l’Etat. Evidemment, la liste n’en est pas exhaustive. Et quand on sait que nul n'est censé ignoré la loi, nous pouvons donc déduire de la répétition de ces dérapages qu’il y a chez certains journalistes une volonté délibérée de violer les textes et lois qui balisent leur noble métier. 

Le journalisme, une profession ''malmenée''?

 Il y a quelques jours, l'hebdomadaire Jeune Afrique numéro 2859 du 28 octobre 2015 revient sur le récent putsch manqué au Burkina Faso dans un article intitulé ''Burkina: le putsch en quatre coups de fil'' pour actualiser l'information sur la vraie action du président Faure Gnassingbé dans la crise qui a sécoué ce pays ami en septembre dernier.

Tenant en référence cet article, une partie de la presse togolaise affirme sans preuve ni détail convaincant que le président Faure Gnassingbé aurait joué un rôle actif dans ledit putsch manqué. 

 Selon JA, Faure Gnassingbé, chef de l’Etat togolais, avait tout mis en œuvre pour éviter au pays des hommes intègres de s'embraser. Le Togo n'a jamais proposé d'exfiltration au chef des putchistes. Contrairement aux allégations mensongères d’un camp de la presse sur la récente crise au Burkina, il n’a jamais été question, dans le récit de Jeune Afrique, d’une quelconque implication du Président Faure Gnassingbé dans le putsch manqué. 

Burkina : le putsch en quatre coups de fil - JeuneAfrique.com

C'est une histoire en quatre actes - ou plutôt quatre coups de téléphone - qui résume l'épilogue du coup d'État manqué au Burkina et la chute du couple Diendéré Acte 1. Le 27 septembre, quarante-huit heures avant l'assaut des forces armées contre Naaba Koom, dernier bastion des putschistes.

Pour une presse responsable au Togo, voici ce qu'écrit le doyen Charles Debbasch en juillet 2010.

La liberté de la presse est un des piliers de la démocratie.

C’est dire qu’elle doit faire l’objet d’une protection particulière et que les journalistes doivent bénéficier d’un régime qui leur permette d’exercer leur mission en toute indépendance.

Mais, la liberté de la presse n’est pas un permis de tout faire. La presse doit respecter les droits légitimes des citoyens et notamment le droit au respect de la vie privée. Si elle doit traquer la vérité, elle n’a pas le pouvoir de la déformer.

Il faut donc former les journalistes pour qu’ils connaissent les frontières qui séparent le permis de l’interdit. Et, en dernier ressort, si cela s’avère indispensable, la justice doit sanctionner ceux qui mentent ou qui diffament et aussi ceux qui font payer les attaques qu’ils diffusent contre tel ou tel à la demande.

La liberté de la presse est un bien trop précieux pour être galvaudé ou perverti./.

Vivement que les professionnels des médias du Togo s’en emparent et s’en imprègnent, afin que le rêve d’une presse togolaise réellement professionnelle devienne réalité.